BAYARD


Les BAYARD sont de gros négociants parisiens au début du XVIII° siècle. Le premier répertorié est JULIEN BAYARD, Bourgeois de Paris, marchand drapier, qui tient commerce au petit Cloître Ste Opportune; il a épousé le 22/8/1712 à Paris MARIE-BARBE CHOMAT, Celle-ci est originaire du Grésivaudan (Dauphiné), peut-être de Theys, où vit son frère en 1720 et de nombreux BARBA . Les BAYARD sont eux aussi probablement originaires du Grésivaudan (c'est le pays du Connétable BAYARD, le chevalier sans peur et sans reproche,originaire de Pontcharra. Y a -t-il un lien de parenté ?)

Julien BAYARD et Marie-Barbe CHOMAT eurent 7 enfants dont François, Roch-Julien et Marie-Geneviève; Cette dernière épousa Louis LHERITIER, conseiller au parlement de Besançon

FRANCOIS BAYARD naquit le 8/7/1717, et fut, comme son père, marchand bourgeois de Paris et même "Consul"; il épousa le 8/1/1746, à Sainte-Opportune à Paris, Marie-Ursule DUPLESSIS et eut au moins 2 fils

-François-Louis (arrière grand-père d'Hélène BOUCHON)

-Jean-Baptiste François, avocat au parlement, puis président du Tribunal de Cassation de 1797 à sa mort en 1800

Dans l'almanach royal de 1773, François Bayard (ainsi que son fils) est banquier pour les Traites et Remises au Cloitre Ste Opportune. Il a acheté une charge de Secrétaire du Roi en 1774, qu'il dut revendre en 1779, ainsi que la majorité de ses biens (sa maison de la rue de l'Aiguillerie pour 60 000 livres), les mauvaises affaires de son fils François-Louis lui causant de graves déboires financiers du fait de la Société commerciale commune qu'ils avaient créée;

Il s'associa avec son fils en 1770, puis renonça au droit et à la qualité de Marchand Drapier de Paris (Acte M° Lheritier et/xciv/374) lors de l'achat de la charge de Conseiller Secrétaire du Roi (payée 120 000 livres en 1774)


FRANCOIS-LOUIS BAYARD, né le 13/7/1748 à Paris, épousa Marguerite-Pélagie GIBERT, cousine germaine d'Elisabeth-Pélagie Charlot de Courcy, femme d'Antoine Orsel (il est présent à leur mariage, et signe). Marguerite-Pélagie était la fille de Felix Gibert, marchand drapier de Paris, et de Marie Marthe Eleonore Godde Elle est morte à Villeneuve St Georges le 7 messidor an onze. Il eut 2 enfants avant son divorce:

-François BAYARD, baptisé le 22/2/1774 à Ste Opportune, qui se maria à La Ferté sous Jouarre le 17 vendemiaire an 12

-GENEVIEVE-SOPHIE BAYARD, née en 1778 à Paris, et qui épousa Jean-Marie BOUCHON, grand-père d'Hélène BOUCHON

François-Louis Bayard est mort 27 rue de la Madeleine à Paris le 4/1/1814. Il vivait alors pauvrement, ne subsistant que grâce à la pension que lui versait Marguerite-Pélagie Gibert (épouse divorcée), puis ses enfants au décès de Marguerite-Pélagie. D'après une fiche d'identité,il mesurait 1,65m, cheveux châtains, visage rond, front ordinaire, yeux noirs, nez petit, bouche moyenne, menton rond. Il créa "Les annales de la Révolution" et fut président de la section des Piques, puis, en l'an 3, inspecteur général du Mobilier National.


-Tiré d'un dictionnaire de personnalités : François-Louis Bayard , publiciste, il était le frère de Jean-Baptiste Bayard, dit Bayard d'Auteuil; Il naquit à Paris , où son père était commerçant, et s'orientât vers le négoce. Il se vanta d'avoir, en 1778, envoyé aux insurgés américains, à l'instigation de Benjamin Franklin, son ami, 5 navires de munitions de guerre et de vêtements, dont 4, assure-t-il, furent pris par les anglais. Ruiné par cette opération, il abandonna le commerce et la Révolution fut pour lui la bien venue. Avant la réunion des Etats Généraux, il fit imprimer "Le voeu de Paris", ou démonstration de la possibilité d'établir en France 2 seuls impôts, l'impôt sur le revenu et l'impôt territorial. Cet opuscule eut un certain succès, et Bayard en profita pour solliciter une place dans l'administration des finances. Le 5 août suivant, il présenta à l'assemblée du district de St Leu une protestation contre la distinction que l'on faisait entre citoyens actifs et citoyens passifs pour le recrutement de la Garde Nationale, et devint quelques semaines plus tard Commissaire au Comité de correspondance entre les districts parisiens établis à l'évêché.

A la même époque, il commença la publication du "Journal de la Municipalité et des Districts de Paris", subventionné par la Commune, puis donna une seconde édition de son journal qu'il intitula "Annales de la Révolution"; Ce double périodique parut du 14/7/1789 au 1/7/1791, donnant les comptes rendus des séances de la commune et les arrêtés des districts. Pour augmenter ses ressources, Bayard tenait également à "La Gazette de France" la rubrique des nouvelles étrangères.

Fixé dans la "section des Piques", dont il devint Président en septembre 1792, il fut nommé en mai 1793 Inspecteur provisoire du garde-meuble national, puis en octobre, 1° commis de la 3° division du département de l'intérieur, et chargé de la vente des effets du garde-meuble. Il est probable qu'il fut compromis dans quelques affaires louches concernant ces ventes, car il était incarcéré au début de 1794. Relâché après le 9 thermidor, il fit paraître 2 mémoires sur les Finances (1796-1797) et pétitionna au Conseil des Cinq Cents, sur les moyens d'étendre la circulation du numéraire, et d'en employer infiniment moins dans le commerce , en 1799. Il proposait la création d'une banque nationale, et la vulgarisation du système des paiements par effets ou par chèques (Bibliographie; S. Laroix : Actes de la Commune de Paris pendant la Révolution III 837; IV 624; VII 460: exposé de la conduite du citoyen Bayard , ex inspecteur du garde-meuble national 1794


Sources de recherches :


-Arch de Paris DC6 23 F14: De ce jour, 25/11/1779, sentence du Châtelet de Paris de séparation de biens d'entre Marguerite Pélagie GIBERT et de François-Louis BAYARD, marchand à Paris.

-Arch de Paris Vbis 8 13 1 : Du 23 fructidor an 13 (10/9/1805), certificat de résidence délivré à François-Louis BAYARD , Homme de Lettres, né à Paris le 13/7/1748, demeurant 361 rue St Honoré, taille 1m65, cheveux châtains, visage rond, front ordinaire, yeux noirs, nez petit, bouche moyenne, menton rond, 4 personnes employées rue St Honoré attestant de la résidence; signature: f l Bayard (mairie du 1er)

-Arch de Paris: Faillites : D4 B6 73 : un très gros dossier existe concernant la faillite de François-Louis Bayard (actif de la faillite : 480376 Livres) Il était armateur et avait eu plusieurs bateaux , envoyés pour secourir les Etats-Unis, pris par les Anglais). Il devait à ses débiteurs 666 252 Livres, dont 35 437 à la succession Mme Gibert, 38069 à Mme Bayard, 1909,16 à la société Orsel Frères, 278 pour un billet à Antoine Orsel de Lamécourt.., à Orsel l'aîné pour compléter les 40000 livres qu'il s'est engagé à payer à Mr Poupart, et par compte-courant, il lui a été délégué 1 obligation du Prince et de la Princesse de Nassau Siegen de 2625 livres.

Il eut plusieurs navires saisis lors de cette faillite

au mariage d'Antoine Orsel, François-Louis BAYARD est présent avec sa femme Pélagie Gibert, cousine de la mariée. Il est alors dénommé " écuyer", conseiller secrétaire du Roi pour la Couronne de France et ses finances, comme d'ailleurs son frère Jean Baptiste François Bayard, écuyer, avocat au Parlement


JEAN BAPTISTE FRANCOIS BAYARD son frère , est né à Paris le 24/6/1750, et fut reçu au Parlement le 17/171769. Il acheta une charge d'avocat au Conseil du Roi. En 1783, il s'associa à C. Camus pour donner une 8° édition de la collection des décisions nouvelles et de notions relatives à la jurisprudence de Denizart. Bayard adhéra au mouvement révolutionnaire. Il fit partie de l'administration du district parisien de St Etienne du Mont, et présenta à la Commune de Paris le 19/2/1790 une pétition tendant à instituer un prix en faveur de vieux travailleurs. Le 25 juin, il soutint devant le Conseil de la Commune une motion relative à la baisse des impôts indirects. Elu assesseur du juge de paix de la section de Ste Geneviève au début de 1790, il devint accusateur public près le tribunal du 2° arrondissement le 16/11/1791, juge suppléant au même tribunal le 25/2/1792, puis substitut près le tribunal de cassation le 21 juin. Suspendu en août, il fut rétabli dans ses fonctions le 11 novembre, et les exerça jusqu'au coup d'état de fructidor le 8/9/1794. Président du Tribunal de Cassation le 9/10/1797, il fut confirmé dans ses fonctions par le Sénat conservateur le 9/4/1800, et mourut le 2 août


Marie-Ursule Duplessis, qui laissa François Bayard veuf avec 3 enfants très jeunes, était la fille d'un gros négociant de Vitré, Jacques Duplessis (décédé en 1739) et de Suzanne Corbillet. Celle-ci, veuve, continua son commerce à Paris cloître du temple. Elle est appelée "banquière" sur certains actes. Après quelques affaires litigieuses, associée de son gendre Cailleau, elle dut déposer son bilan, et fut même enfermée 2 ans à la Bastille, sur ordre du Roi. D'après la lecture de son "Bilan, déposé en 1754, elle avait eu une grosse fortune, ayant entre autres des ateliers textiles à Vitré "où elle donnait du travail à 4000 âmes"



Suzanne Corbillet fut effectivement emprisonnée à la Bastille le 28/2/1756, en même temps que sa fille Suzanne Cailleau. Après la mort de son mari (ils tenaient ensemble un gros commerce en fils et bonneterie à Rennes, et Vitré), son gendre Cailleau resta à Rennes, et elle vint à Paris , les affaires importantes et grandissantes du commerce demandant une présence dans la capitale). Ses affaires devenant financièrement difficiles, et Suzanne Corbillet âgée (née en 1685), son gendre délégua en 1752 son épouse Suzanne Duplessis, . Mais les affaires ne s’arrangèrent pas, et le gendre vint lui-même en 1755 à Paris, et, ne pouvant combler les trous, dut déposer son bilan et celui de sa belle-mère. La faillite provenait en partie d’une escroquerie provoquée par Guillaume Lacroix, banquier, son commis Simon Mony de Sicard, et Jean-Ignace Maraval, autres banquiers, ces 3 individus ayant émis de fausses traites, et trompées la veuve Duplessis. Tout ce petit monde se retrouva à la Bastille. Suzanne Corbillet, et sa fille Suzanne Cailleau-Duplessis en sortirent au bout de 2 ans, la première pour décéder peu après, la seconde étant acquittée lors du procès de mars 1758. Les 3 individus cités ci-dessus furent condamnés à vie aux galères du Roi, à porter des chaînes aux pieds, et à être marqués des lettres GAL au fer rouge, à l’épaule (jugement du 27/4/1758 en la chambre de l’Arsenal)

(Suzanne Corbillet et sa fille furent donc victimes de 2 ans d’emprisonnement, suivi d’un acquittement ! ! les erreurs judiciaires existaient déjà ! !)

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13/10/2008